Dans L’amour de Monsieur de Bonneville, La Varende a fait revivre le 18e siècle du temps de Louis XV et du roi Stanislas - l’action se passe à Nancy - d’une manière plus intime et plus vraie que Les Liaisons Dangereuses ou autres contes dans la manière de Diderot qui, malgré tout leur esprit, paraissent, par comparaison, un peu artificiels.

Dans ce livre qui est plus qu’une nouvelle et pas tout à fait un roman (1), auquel on pourrait donner le nom de récit-souvenir, La Varende semble avoir adopté une manière plus fluide qu’à l’ordinaire,.abandonnant ces phrases en coups de massue qui faisaient son originalité.

Tout y est dit sans être dit : la présentation des personnages, leurs sentiments qui semblent d’autant plus forts et mieux compris qu’ils sont moins exprimés. « Des dialogues aussi légers que du Marivaux s’enchaînent les uns aux autres », écrit Anne Brassié dans sa somme la varendienne (2). Michel Herbert en rapproche le style « volontairement dépouillé » de ceux du prince de Ligne ou de Sénac de Meilhan .

L’Amour de Monsieur de Bonneville a été publié chez Plon en 1956. L’édition originale, tirée en format in-4° contient huit lithographies en couleurs de Daniel Louradour. Dans l’édition ordinaire in-12° se trouvent quatre photographies hors texte dont deux en couleurs d’Emmanuel Boudot-Lamotte représentant la chambre et le portrait de M. de Bonneville et la chambre de Mme de Bonneville au Chamblac - reconstituées par l’écrivain - ainsi que le portrait du Commandeur de Galart. Mon exemplaire, simple exemplaire de service de presse, contient cet amusant envoi manuscrit : pour Maximilien Vox, son Bandar-Log, JLV.

Dernière remarque : c’est ce Nicolas de Bonneville, dit Gentil-Bo qui perdit sa femme quelques années après leur mariage et qui, sans enfants, légua le Chamblac à l’arrière-grand-père de Jean de La Varende.


(1) « J’ai repris Un amant ou M.de Bonneville amant, écrit-il en septembre 1952, je ne compte plus faire un vrai roman, mais une grande nouvelle de 140, 150 pages. »

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